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Interview de Patrick Rakotomalala, DG de l’AFCEPF
06-28-08 06:50

Monsieur Patrick Rakotomalala est Directeur Général de l'organisme de formation AFCEPF (www.afcepf.fr).

 

Aujourd'hui, le chômage des informaticiens semble très faible. Quelle en est votre analyse ?

 

Certains disent le taux de chômage des informaticiens proche de 2%. D'autres, dont moi, le situent à 5% de la population des informaticiens en France (qui sont environ 600 000). 30 000 informaticiens seraient ainsi au chômage. En réalité, on ne sait pas vraiment qualifier cette population en termes d'effectifs, de profils ou de métier. S'agit-il de pupitreurs, d'administrateurs, de développeurs. Les codes métiers du répertoire ROME ne sont pas assez fins pour permettre aux acteurs de l'emploi de mieux analyser cette population. On ne sait pas non plus caractériser précisément le chômage de ces informaticiens en termes de durée, de périodicité.

En tout cas, le constat est le suivant : en tant qu'organisme de formation, nous avons des difficultés à monter nos actions de formation. Si les SSII n'arrivent pas à recruter faute de candidats, à l'identique les organismes de formation ne trouvent plus à former, alors même que les budgets publics sont là.

 

Et cette pénurie de profils d'informaticiens risque de perdurer. Bien qu'au sujet de la conjoncture, on assiste à des interprétations contradictoires auprès des SSIIS et des recruteurs. Les pessimistes ralentissent leur rythme de recrutement, les optimistes continuent à investir et à vouloir gagner des parts de marché.

Ce marché de l'emploi informatique est il stable, et ne risque t il pas de se retourner, avec à la clé une récession et une crise de l'emploi telle qu'on l'a connue en 2001 ?

L'équation des pessimisto-prudents est : Perte de confiance dans la situation économique = Généralisation mouvement de prudence = gel des investissements = reports de projets = chute des recrutements. La bonne tendance actuelle, selon eux, ne serait que conjoncturelle. Ce scénario ne semble pas encore, à aujourd'hui, se confirmer.

 

Pour les optimistes la situation actuelle est structurelle. Ils nous proposent l'équation suivante : besoin de compétitivité (structurel) = besoins de gains de productivité (structurel) = investissements informatiques (dégel structurel de la période de glaciation 2001-2004) = marché de l'emploi actif ... Contrairement à la période de la bulle internet de 2001, les fondements économiques du marché de l'emploi informatique semblent bons, et promettent une activité à croissance stable jusqu'à l'horizon 2015.

En fait, on y verra plus clair dans 3 mois. Si la rentrée est correcte, on sera tranquille pour un bout de temps.

 

La crise des subprimes et la récession actuelle que connaissent les USA risquent elles de remettre en question l'hypothèse optimiste ?

Il serait abusif et imprudent de répondre catégoriquement « non ! ». Mais on ne peut répondre non plus par l'affirmative. A aujourd'hui (09 Avril 2008) en effet, les grandes SSIIs que nous connaissons comme partenaires confirment encore leur perspectives et besoins de recrutement pour 2008. Un indicateur significatif est probablement le nombre de stands sur les salons de recrutement. Le dernier salon des Jeudis de l'Informatique du mois d'Avril attire encore 84 stands recruteurs !!! Autre indicateur : les démarches de séduction des très grosses SSII vers l'Afcepf qu'elles estiment désormais source de recrutement à privilégier.

 


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